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Travaillons ensemble à bâtir un avenir commun
Première conférence canadienne sur la santé mentale et la surdité

Le Développement de Services de Santé Mentale Pour les Personnes Sourdes, Devenues Sourdes et Malentendantes

PLAN DE L'ATELIER

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  1. Introduction
  2. Description de l'organisme
  3. Historique du projet pilote
  4. Développement des services
  5. Problèmes de mise en oeuvre
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INTRODUCTION :

La société Ottawa Salus Corporation est un organisme communautaire de santé mentale financé par le Ministère provincial de la Santé. C'est un organisme à but non lucratif qui travaille avec les personnes qui se rétablissent de problèmes de santé mentale graves et persistants.

Les éléments qui suivent, vision, énoncé de mission et valeurs de l'organisme, furent élaborés en coopération avec les clients, le personnel et les membres du conseil d'administration.

VISION

La croissance de la personne et de la collectivité.

ÉNONCÉ DE MISSION

Promouvoir la croissance et le bien-être individuels en milieu communautaire pour les personnes qui ont des problèmes de santé mentale en offrant du logement et des services de soutien de qualité dans les deux langues officielles.

VALEURS DE L'ORGANISME

Ottawa Salus croit qu'il est important que notre travail reflète les valeurs suivantes :

La confiance, l'intégrité et l'apprentissage de toute la vie.

Confiance – que toutes les relations doivent être construites/établies sur la confiance, la compassion et le respect des différences individuelles.

Intégrité - que les personnes seront traitées avec honnêteté et équité en respectant la riche diversité du vécu de chaque personne.

Apprentissage de toute la vie - que l'apprentissage et le développement personnel est un processus qui dure toute la vie et qui doit être alimenté et cultivé.

DESCRIPTION D'OTTAWA SALUS

Salus veut dire "bien-être" en latin ; l'organisme a obtenu ses lettres patentes en 1977.

Tous les services de Salus sont basés sur un modèle de croissance et de rétablissement centré sur le client et basé sur les forces, avec, comme point focal, les intérêts et les buts de la personne.

Ottawa Salus a commencé comme une petit organisation de logement et a pris de l'expansion au cours des années, pour également offrir du soutien. Comme nous le savons tous, le logement sûr et abordable est le fondement d'une bonne santé et est une partie essentielle du processus de rétablissement de la personne.

L'organisme a 2 fonctions principales :

  1. offrir du logement avec services de soutien
  2. offrir des services de soutien à long terme.

Le portefeuille de logements avec services de soutien comporte un certain nombre d'options de logement :

3 maisons de groupe, et 186 appartements individuels et partagés en fonction du revenu.

Salus est aussi en partenariat avec la Société de logement d'Ottawa pour offrir un soutien sur place dans 3 grands édifices à appartements.

Les services de soutien sont les suivants :

Accompagnement communautaire (gestion de cas), récréologie, ergothérapie et développement communautaire. Ce sont tous des services à long terme qui aident les clients à vivre avec succès dans la collectivité. Au cours des années, les services de soutien sont devenus plus spécialisés afin de mieux répondre aux besoins de notre clientèle.

Nouveaux services ajoutés :

  1. Services de troubles concurrents – ces services sont destinés à des individus qui ont une maladie mentale ainsi qu'un problème de toxicomanie.
  2. Services d'accompagnement communautaire pour les Sourds, les devenus sourds et les malentendants (mis sur pied en 2000).
  3. Services en français – il y a 4 accompagnateurs communautaires qui travaillent avec les clients de langue française et qui offrent tous leurs services en français.

HISTOIRE DU PROJET PILOTE

Notre intérêt à travailler avec des personnes sourdes est apparu tout à fait par accident. Un Sourd fut référé à l'une de nos maisons de groupe et fut refusé à cause de l'incapacité du personnel de communiquer avec lui. Le travailleur social référant a contesté cette décision en disant que c'était l'incapacité du personnel d'offrir le service et non pas l'admissibilité du client qui faisait problème. Ce défi a vraiment changé la façon dont l'organisme percevait son accessibilité et a amené un certain nombre d'employés de première ligne à prendre des cours d'ASL. L'homme emménagea, les choses se passèrent bien, et le personnel commença à avoir confiance en sa capacité d'offrir ses services de soutien à des personnes sourdes. Évidemment, il ne fallut pas attendre bien longtemps avant que le mot se répande, à savoir qu'Ottawa Salus devenait "accessible aux Sourds" et nous avons tôt reçu de nombreuses références de logement pour des individus sourds.

Les organismes qui offrent des services à la collectivité des Sourds (SOC, ODC, pour n'en nommer que 2) ont déterminé le besoin de services spécialisés de santé mentale et ils se préoccupaient beaucoup de ce que leurs clients ne puissent avoir accès à ces services essentiels qui étaient offerts à la population entendante. Les préoccupations étaient les suivantes :

  1. il n'y avait aucun psychiatre pouvant s'exprimer couramment en ASL dans la région d'Ottawa
  2. il n'y avait pas de programme de traitement des toxicomanies et de l'alcoolisme
  3. on n'offrait aucun service spécialisé en santé mentale.

En s'appuyant sur le manque de services, un certain nombre d'intervenants intéressés firent du lobby auprès du gouvernement provincial pour que celui-ci débloque des fonds pour des services s'adressant aux personnes sourdes affligées d'une maladie mentale grave et persistante. (organismes : SCO, ACSM, Ottawa Salus).

En mars 2000, le Ministère de la Santé accordait les fonds nécessaires pour offrir des services d'accompagnement communautaire à des personnes sourdes. Il accordait également des fonds pour l'interprétation en langue des signes pour soutenir ces services. Nous disposions ainsi de fonds pour 2 travailleurs en santé mentale à plein temps (accompagnateurs communautaires) à Ottawa Salus, pour dispenser des services à environ 20 clients et un(e) interprète à plein temps à la SCO.

Le modèle de prestation de service voulait que 2 travailleurs dispensent des services dans la culture du client (sourd, à base orale en fonction du client) et aient le soutien d'une interprète en langue des signes à plein temps pour prêter assistance, d'une part aux travailleurs pour leur permettre de travail plus globalement avec le système et d'autre part, aux clients pour leur permettre d'avoir accès aux services offerts dans la collectivité. C'était là un groupe de gens qui avaient rarement été desservis auparavant et qui avaient été grandement marginalisés et négligés. Dans le cadre de la préparation du lobby pour obtenir ces fonds, il avait été déterminé que le nombre de clients possibles pourrait s'élever à 520 (10 % de la population sont sourds, devenus sourds et malentendants, et 2 % de la population sont affligés de maladie mentale sévère et persistante).

LE DÉVELOPPEMENT DE SERVICES

Tous les intéressés furent ravis de l'annonce de financement et Salus mit rapidement au point un plan de mise en oeuvre. Comme on pouvait s'y attendre, la mise en oeuvre du plan prit beaucoup plus de temps qu'on s'y attendait, pour un certain nombre de raisons.

Le premier obstacle fut le recrutement de 2 employés très expérimentés en santé mentale qui s'exprimaient couramment en ASL. Cette tâche s'avéra très difficile. Il y avait beaucoup de personnes compétentes, mais peu d'entre elles possédaient les deux spécialités. Après consultation avec nos collègues de la collectivité des Sourds, il devint évident que Salus devait développer des compétences en ASL. Nous avions un certain nombre d'employés qui possédaient l'ASL à un certain degré et deux d'entre eux se proposèrent d'accepter ce nouveau défi. Ils consentaient à assumer le défi, exigeant du temps et imposant du stress, de perfectionner leurs compétences linguistiques dans un bref laps de temps. Il s'avéra difficile d'avoir accès à des cours de langue dans la collectivité, particulièrement à un niveau plus avancé de formation. Souvent les cours étaient offerts, mais n'avaient pas lieu à cause du faible niveau d'inscriptions. À cause des contraintes de temps, nous avons décidé d'offrir du tutorat 1:1, ce qui s'avéra être un excellent choix. Nous avons eu recours à 2 tuteurs différents et le niveau d'enseignement et la rapidité du développement des compétences fut un excellent investissement en temps et en argent. L'autre avantage du tutorat individuel, c'est qu'il y a un certain nombre de termes fréquemment utilisés dans le système de santé mentale et que nous avons pu adapter nos besoins d'apprentissage avec les tuteurs.

En même temps que le personnel était formé, nous faisions une part de formation de l'organisme pour améliorer notre capacité d'accessibilité à cette population. Nous avons collaboré avec nos collègues de la collectivité des Sourds pour donner des ateliers de l'organisme qui étaient instructifs et amusants (voir distribution). Typiquement les personnes sourdes ont reçu leurs services à la SCO, dont la culture d'organisation est très accessible à l'usager. Le nouveau partenariat que Salus avait avec la SCO élargit la mission des deux organismes pour qu'ils s'habituent mieux à cette nouvelle clientèle. Salus offrait du soutien et de l'éducation pour la SCO sur la façon de soutenir les clients qui avaient de graves problèmes psychiatriques et les aidait à se familiariser avec les divers signes et symptômes avec lesquels les clients luttent souvent.

LE DÉVELOPPEMENT D'UN PROFIL AU SEIN DE LA COLLECTIVITÉ SOURDE

Le défi de recruter des clients était l'étape suivante dans le processus d'ensemble. Typiquement les clients qui avaient besoin de services d'accompagnement communautaire ou qui en voulaient remplissent un formulaire de référence et sont inscrits sur une liste d'attente centrale à l'ACSM. L'ACSM n'a pas été un organisme ou une ressource typique identifiée par la collectivité des Sourds, ni perçue comme leader des services dispensés à ce secteur.

La collectivité sourde avait quelque appréhension à l'égard de ce type de service qui s'ouvrait pour les personnes sourdes, à l'extérieur de la culture traditionnelle des Sourds. On hésitait également à prendre contact avec un organisme clairement identifié comme un organisme de santé mentale, avec le stigmate associé qui peut être associé à leurs services.

Étant donné tous les obstacles, il est devenu clair que les nouveaux travailleurs se devaient de commencer à établir un profil de confiance avec le collectivité sourde. Le plan était de devenir plus visibles en faisant un certain nombre d'heures de bénévolat à un organisme communautaire qui offrait une variété de services visant la collectivité sourde. Cette idée s'avéra excellente et plut beaucoup au personnel.

Le temps passé au centre a servi à un certain nombre de buts :

  1. Les diverses activités et relations ont fourni au personnel de multiples occasions de pratiquer ses compétences en ASL fraîchement acquises
  2. Le personnel a lentement bâti une visibilité dans la collectivité des Sourds
  3. Les gens se sont intéressés au travail des employés et ont commencé à poser des questions sur les services qu'ils offraient. Ils sont souvent devenus des sources de référence pour des amis ou des collègues qui pouvaient faire appel aux services.
  4. Le travail de bénévole, ainsi que l'extension vers les clients en puissance ont aidé à diminuer l'appréhension et le stigmate perçu des "services de santé mentale".

CRÉATION DE LIENS ET EXTENSION

Le travail de bénévolat fut perçu comme une activité d'extension, étant donné que le personnel de Salus approchait des clients en puissance et leur donnait des renseignements sur les services possibles. Initialement, les clients voulaient beaucoup avoir accès à des services comme l'aide financière ou le logement, et une grand part du travail du début consista à relier les gens au service dont ils avaient besoin.

On fit appel aux dispensateurs de services aux Sourds tant dans les programmes de counseling que dans les programmes de jour, ainsi qu'aux dispensateurs de services plus traditionnels des hôpitaux et de la collectivité pour les informer des nouveaux services et susciter des références.

En une brève période de temps nous avons reçu un certain nombre de références, formellement de l'intérieur de la collectivité des professionnels entendants et directement de la collectivité des Sourds. Il est très intéressant de noter que, malgré toutes nos inquiétudes vis-à-vis la stigmatisation des clients en puissance avec l'étiquette de "maladie mentale", très peu de clients ont eu des inquiétudes concernant le fait d'être identifiés comme malades mentaux. Le modèle d'accompagnement communautaire que Salus utilise est un service portable, souple où les clients sont vus là où ils préfèrent, souvent chez eux. Pareillement, un certain nombre de clients préfèrent avoir leurs rendez-vous à nos bureaux d'administration, qui arbore une petite enseigne sur laquelle apparaît l'inscription "Ottawa Salus", sans rien qui identifie le bâtiment comme organisme de santé mentale.

Ce fut là un projet emballant et enrichissant à entreprendre. Il y a eu une énorme courbe d'apprentissage de l'organisme avant de s'habituer au fait que l'organisme est accessible et de bien le connaître. Dans tout nouveau projet, il y a toujours 2 processus qui fonctionnent en même temps, le projet (contenu, le "quoi") et le processus (le "comment").

Les détails du projet lui-même étaient toutes les techniques mentionnées plus tôt.

Étude du plan d'implantation :

  1. Recrutement et formation du personnel.
  2. Amélioration de la capacité de l'organisme de desservir la population visée.
  3. Développement d'un profil au sein de la collectivité sourde
  4. Liaison, extension
  5. Services directs

Examen du processus :

Comme nous le savons d'expérience, le processus est aussi important, sinon plus, que le projet lui-même. Les relations personnelles et le réseautage que nous prenons parfois pour acquis sont ce qui 'fait ou défait' un partenariat. Les choses peuvent paraître parfaites sur papier, mais c'est à des personnes qu'il tient d'opérationnaliser le projet. Toutes les relations sont grouillantes de politique et de possibilités de conflit. Cela peut sembler évident, mais il est très important d'entretenir les relations de partenariat et d'être prêts de consacrer le temps et l'effort nécessaire pour avoir un partenariat réussi.

Étapes du développement et du maintien de partenariats communautaires

  1. Choisir avec qui vous allez avoir une relation. Souvent en tant qu'organismes, nous nous trouvons à travailler avec des collègues qui ont des mandats différents, des missions différentes et des cultures organisationnelles très différentes. Dans notre partenariat avec la SCO nous avons eu la grande chance d'avoir un but commun, celui de développer des services qui n'avaient pas existé auparavant.
  2. Apprendre à connaître votre partenaire. Il est critique de connaître : les forces et les faiblesses de l'un et de l'autre. Il est important de développer des façons d'atteindre les buts mutuels et de développer des services complémentaires.
  3. Maintenir de bonnes relations. Il est évident qu'il y aura des hauts et des bas et des occasions où il y aura des domaines de conflit. Il sera utile de discuter d'un format de résolution de crise avant de commencer le partenariat plutôt qu'une fois que le processus de mise en oeuvre est lancé et que les conflits apparaissent.
  4. Il est intéressant de noter que le Ministère de la Santé fait beaucoup de promotion des ententes de services entre les organismes. Ces ententes consistent simplement à prendre des façons informelles de travailler pour les rendre explicites dans des ententes écrites. Dans le passé, nous avons souvent travaillé des partenaires communautaires sans ententes formelles écrites, mais, dans un climat où la responsabilité prend le dessus, les ententes de services sont devenues la norme.
  5. Un processus d'évaluation continu comportant un mécanisme intégré de révision des services en fonction des besoins est un autre ingrédient essentiel de bon fonctionnement.

Consultez le document distribué no. 2

Ce document est une référence rapide qu'un organisme aurait probablement avantage à utiliser s'il songe à réaliser une expansion de ses services.

LA PHASE DE MISE EN OEUVRE

Nous venons de voir le processus de développement de services spécialisés et maintenant nous verrons la prestation de services elle-même.

Paul Boileau est un des accompagnateurs communautaires de Salus qui est spécialisé dans le travail avec les Sourds, les devenus sourds et les malentendants. Il possède une riche expérience et il parlera de certaines des choses que nous avons apprises, à Salus.


DOCUMENT À DISTRIBUER no. 1

LA FORMATION DU PERSONNEL DE L'ORGANISME

  1. Membres de la collectivité des Sourds
  2. - sourds, devenus sourds et malentendants

    - sourds oralistes, par opposition aux Sourds culturels

  3. Qu'est-ce que l'ASL ?
  4. - histoire

    - MSL, LSQ etc.

    - dactylologie

    - structures du discours – anglais vs ASL

  5. Technologie
  6. - sous-titrage

    - ATM (TTY)

    - prothèses auditives, implants cochléaires, etc.

    - réveils-matin

    - détecteurs de fumée

    - Relai Bell

  7. La culture des Sourds
  8. - règles de comportement social

    - présentations

    - attention

    - rituel du départ

    - noms en signes

  9. Normes de groupe
  10. Comment utiliser un(e) interprète


DOCUMENT À DISTRIBUER no. 2

Cet outil pourrait servir lorsqu'un organisme songe à étendre ses services

Niveau de l'organisme

1) démontre un engagement à offrir des services aux client .. de "pratique exemplaire"

2) démontre un engagement à développer et étendre ses services pour répondre aux besoins du client

Intérêt élevé

Intérêt moyen

Peu d'intérêt

Niveau de la direction

1)démontre un leadership dans le développement de nouveaux services

2) démontre une volonté de faire partenariat avec d'autres organismes dans la prestation de services

3) démontre une ouverture au retour d'information de la part des partenaires communautaires concernant la prestation de services

4) démontre l'importance du recrutement et de la rétention du personnel pour assurer la bonne qualité du personnel

5) démontre l'importance de l'investissement dans la formation du personnel

     

Niveau du travailleur de première ligne

1) démontre la foi en un apprentissage permanent

2) démontre un intérêt à accepter de nouveaux défis

     

au début

 Suite...

Table des matières

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