![]() ![]() |
|
|
Travaillons ensemble à bâtir un avenir commun
|
Amethyst : Un programme pour les femmes sourdesPar : Josephine FitzGerald, Amethyst Women's Addiction Centre, 488 Wilbrod, Ottawa, Ontario, 613-563-0363Amethyst : qui nous sommes et comment nous avons commencéAmethyst a ouvert ses portes en février 1979. Le travail qui a mené à cet aboutissement avait commencé en 1975. Un comité d'Ottawa avait demandé à un groupe de femmes qui travaillaient surtout dans les toxicomanies et les soins de santé se réunissent pour étudier les besoins des femmes ayant des addictions. À cette époque-là, le seul service pour les femmes aux prises avec des addictions était un groupe de discussion des Alcooliques anonymes. Dans les années 1970, il devenait de plus en plus évident que les femmes vivent les problèmes de toxicomanie d'une façon très différente des hommes. Pendant ce temps, la recherche commença aussi à indiquer que beaucoup de femmes avaient été victimes d'abus sexuel dans leur enfance. La recherche d'alors et d'aujourd'hui appuie l'idée que la très grande majorité des femmes aux prises avec des toxicomanies ont également subi des abus sexuels, physiques et émotifs graves comme enfants. Ces sévices mènent souvent à des problèmes de santé mentale profonds. Amethyst a exploré des façons d'offrir du soutien aux femmes. Les programmes conventionnels étaient faits surtout pour les hommes, mais les femmes, dans le temps comme aujourd'hui, vivent dans des rôles très différents de ceux des hommes. Pour les femmes qui vivent avec des addictions, la honte est une question profonde et, pour traiter de cette question, il faut un endroit sûr où les femmes sentent qu'elles peuvent exposer les messages internalisés qu'elles ont reçus enfants et aussi pour établir des connexions avec d'autres femmes pour briser le sentiment d'isolement. Comme une des façons de s'attacher à diminuer l'isolement que les femmes toxicomanes connaissent souvent, les groupes ont toujours été une composante très importante du travail que nous faisons, à Amethyst. En plus des services de toxicomanies, Amethyst offre aussi des services pour les femmes qui identifient le jeu comme problème. Ce service est assez nouveau à Amethyst, bien que nous puissions voir une augmentation constante du nombre des femmes qui y ont accès. Notre programme de promotion de la santé est un autre programme important d'Amethyst. Le but de ce programme est d'encourager les femmes à créer des changements de style de vie sains en les aidant à prendre le contrôle de leurs vies. Un certain nombre d'ateliers est mis à la disposition des femmes dans l'ensemble de la collectivité. Des services et du soutien sont également offerts aux enfants qui sont affectés par le problème de toxicomanie de leurs mères. Nous reconnaissons également que tout le monde a des besoins et un vécu différents et que, par conséquent, il est prioritaire d'honorer, de respecter et de participer à la diversité. Les services sont disponibles en anglais et en français. Mais nous reconnaissons également que le vécu de la toxicomanie par la femme est affecté par sa race, sa classe, sa santé mentale, la capacité ou l'incapacité, l'orientation sexuelle, etc. Au centre de nos services on trouve la certitude que l'expérience de toxicomanie d'une femme ne peut pas être séparée du contexte social dans lequel son usage devient problématique. Ce que nous faisonsPour avoir accès aux services d'Amethyst, une femme doit d'abord nous appeler. À ce moment-ci, la préposée à l'accueil ramasse des renseignements préliminaires auprès de la femme, et fixe un premier rendez-vous. Présentement, la période d'attente entre le moment où une femme appelle Amethyst pour la première fois et le premier rendez-vous va de trois à six semaines dans le programme de prévention de la toxicomanie et de deux à quatre semaines dans le programme du jeu compulsif. Lorsque la femme vient à Amethyst pour le rendez-vous d'évaluation initiale, c'est l'occasion pour elle de partager de l'information sur sa vie, son usage et sa compréhension de ce qui a conduit à l'usage problématique. La conseillère donne aussi à la femme une information plus détaillée sur Amethyst et, à ce moment-là, la femme et la conseillère décident ensemble si Amethyst est un service approprié pour ce dont la femme a besoin. Notre programme comporte trois volets : counselling individuel, counselling de groupe et programme de traitement intensif. Pendant la phase de pré-traitement, une femme peut avoir accès au counseling individuel et de groupe, et une fois qu'elle a complété le programme de traitement intensif, elle est encouragée à se prévaloir du counseling individuel et en groupe pendant une période maximale de deux ans de soutien de suivi. Les conseillères sont capables de voir les femmes sur une base individuelle environ une fois par trois semaines, et donc, d'encourager les femmes à chercher d'autre appui dans les groupes qui se produisent trois fois par semaine dans le programme de prévention des toxicomanies. Ces groupes ont pour objet de créer un endroit sûr où les femmes peuvent laisser libre cours à leurs histoires et à leurs émotions douloureuses qu'elles ont vécues, de sorte qu'elles puissent aller de l'avant à partir de ce point. Un aspect important de la participation de groupe consiste à briser le sens d'isolement que ressentent la plupart des femmes qui vivent une addiction, et à aider les femmes à reconnaître que leurs réactions aux traumatismes et à la douleur est une réaction normale. Nous encourageons les femmes à avoir rapport à ce que d'autres femmes partagent, mais nous leur demandons de ne pas donner de conseils ou porter de jugements sur ce qui a été partagé. L'autre volet de nos services, c'est le programme intensif de 10 jours, qui est offert sept fois par année. Il s'agit de groupes fermés qui ne comptent pas plus de 12 femmes. Ce programme se compose de groupes de partage, d'exercices de détente et d'ateliers de psycho-éducation chaque jour. Le but de ce programme est de permettre aux femmes d'explorer leurs toxicomanies plus en profondeur, en compagnie d'autres femmes, et de découvrir de nouvelles façons de survivre et de vivre sans s'appuyer sur l'alcool ou les drogues. Nous traitons d'une gamme de sujets, y compris (mais sans s'y limiter) la prévention des rechutes, les femmes et la dépression, la colère, les femmes et la violence, et la honte et la toxicomanie. Dans le programme de contrôle du jeu compulsif, il y a également trois composantes : counseling individuel, counseling de groupe et programme de traitement intensif. Toutefois, pour le moment, les groupes ne sont disponibles qu'une fois toutes les deux semaines et le programme de traitement intensif s'échelonne sur un certain nombre de semaines. Les femmes se rencontrent une fois par semaine pendant deux heures, pour un total de dix semaines. Une différence majeure entre le programme de contrôle du jeu compulsif et celui de toxicomanie est que le second est à base d'abstinence, alors que le premier est à base de réduction des préjudices. Par conséquent, dans le programme de contrôle du jeu compulsif, un soutien est fourni aux femmes soit pour les aider à maintenir leur abstinence du jeu, soit réduire les préjudices associés au jeu. Soutien pour les femmes toxicomanes sourdes ou malentendantes :Voici ma propre expérience dans ce domaine. Je suis retournée aux études lorsque le plus jeune de mes enfants commença sa première année et, trois ans plus tard, je recevais une maîtrise en travail social. Ma dernière étape avant ça fut mon placement à Amethyst. Après l'obtention de mon diplôme, je suis allée à la société d'aide à l'enfance et, un an plus tard, j'eus l'occasion de faire une demande d'emploi à Amethyst, où il y avait un poste disponible – et je l'ai eu. Dès les deux premiers mois je rencontrai une cliente sourde qui utilisait la langue des signes, ce qui fait que nous nous rencontrions avec une interprète. C'était nouveau pour moi, mais beaucoup de choses résonnaient en moi à cause de mes enfants. J'en avais 5, alors âgés de 14 à 22 ans, mais le troisième et le quatrième sont sourds. Ils furent diagnostiqués bébés et reçurent de la thérapie, qui fait qu'ils sont oralistes, mais qu'ils continuent à éprouver de nombreuses difficultés du fait de leur surdité. Je vis qu'il y avait une raison pour laquelle j'avais dû rencontrer cette femme. Depuis lors, j'ai rencontré plusieurs autres femmes sourdes, dont trois utilisent la langue des signes. À Amethyst le counseling individuel est la forme privilégiée d'intervention pour ces femmes, bien qu'elles aient eu un accès quelconque aux sessions de groupe lorsque des interprètes étaient disponibles. Cependant, pour des femmes qui luttent contre un problème de toxicomanie, le rétablissement et la sobriété nécessitent souvent un programme plus intensif, comme notre programme de dix jours, ou un programme en résidence à court terme. Mais pour les gens qui, au Canada, utilisent la langue des signes et ont une toxicomanie, il n'existe aucun service. Aux États-Unis, il existe quelques programmes, et j'ai référé des clients à l'un d'eux, à Rochester (New-York). Ce programme reçoit des clients entendants, sourds et malentendants, mais il s'adresse aux deux sexes. C'était un endroit difficile pour plusieurs des femmes avec lesquelles j'avais travaillé. Amethyst est née parce que, pour beaucoup de femmes, il n'est d'aucune aide lorsqu'elles sont entourées d'hommes pendant qu'elles luttent pour leur rétablissement. Cette situation faisait partie du problème pour mes clientes qui ont fréquenté le programme de Rochester, tout comme le fait que, pour avoir accès aux services, elles devaient se rendre aux États-Unis. C'est ce qui nous a motivées à faire une demande de financement pour des interprètes en American Sign Language, ce qui nous permettrait de faire un projet pilote de notre programme intensif de 10 jours ouvert aux femmes sourdes et donné en langue des signes. Le projet piloteLorsqu'il fut confirmé que nous obtiendrions quelque financement pour des interprètes, nous avons formé un comité directeur qui réunissait plusieurs organismes locaux de toxicomanie et des organismes de soutien pour les clients sourds ou malentendants. L'autre organisme avec lequel nous avons travaillé en étroite collaboration était la Société canadienne de l'ouïe, où nous obtenions nos interprètes. Pendant plusieurs mois, le comité directeur tint des réunions et fit circuler de l'information concernant le projet pilote dans tout l'Ontario. Cette information fut distribuée aux organismes de toxicomanie et aux organismes de santé et autres. Il fut confirmé que nous aurions deux femmes sourdes dans le projet pilote. Une venait de la ville et l'autre d'en-dehors. Nous avons examiné notre programme de 10 jours et nous avons reçu un retour d'information et des suggestions concernant la façon de travailler efficacement avec des interprètes, ainsi que sur les besoins particuliers des Sourds. Le projet commença le 1er mars 2004. Les femmes sourdes participèrent bien et partagèrent leurs histoires. Elle échangèrent toutes les deux sur l'expérience difficile qu'elles avaient traversée à Rochester et se dirent heureuses de participer à un programme en Ontario et, le plus important, à un programme qui s'adressait exclusivement aux femmes. Retour d'information des clientes : ce que nous avons appris sur les besoins des femmes sourdes Dans l'ensemble, le retour d'information que nous avons reçu fut très positif
Comment pouvons-nous faire des améliorations ? :
De quelle façon peut-on répondre aux besoins des femmes sourdes et qui ont des problèmes de toxicomanie ? Sur la base de ma recherche, je ne crois pas qu'il y ait, nulle part dans le monde, des services qui s'adressent spécifiquement aux femmes sourdes qui ont des problèmes de toxicomanie. À partir de ce que j'ai dit auparavant, il est clair que nombreuses sont les femmes qui ont besoin de traiter de leurs problèmes seulement avec d'autres femmes. Réactions ? Suggestions ? Commentaires ? |