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Travaillons ensemble à bâtir un avenir commun
Première conférence canadienne sur la santé mentale et la surdité

L'abus éducationnel dans les écoles résidentielles pour les Sourds*

[*Note concernant la stylistique : l'original de cette traduction est lui-même une transcription d'une pensée articulée en ASL par l'auteur ; nous avons essayé de nous en tenir de près à la forme donné et de ne pas "corriger" l'élocution. – Le traducteur]

Expérience personnelle et génocide d'arrière-plan

Nous avons des abus physiques, sexuels, mentaux, émotifs, éducationnels et communicationnels, sous toutes les formes, mais j'aimerais plutôt expliquer quatre choses au lieu de dresser de longues listes d'événements qui se sont produites au pensionnat.

Premier exemple : À 16 ans, le jour de mon diplôme j'obtins le prix du meilleur discours et j'ai été obligé parler sur scène devant un auditoire et des représentants du gouvernement. J'avais pratiqué en classe pendant deux semaines. Je fis mon discours, mais je remarquai que de nombreuses personnes entendantes ne faisaient pas attention à moi. Ils regardaient de côté vers les murs pendant que je parlais. Je savais que ma voix sonnait mal et faux.  "L'oralisme est un abus de communication"

(2) Lorsque j'étais dans la résidence de juniors, tous les jeunes enfants devaient aller au lit avant 18 heures 30 pour que les mères aubergistes aient beaucoup de temps à elles-mêmes, payées, ce qui était égoïste ! Où sont passées nos occasions de lire des histoires de chevet ? Nos mères ne pouvaient pas venir à l'école parce que c'était trop loin. J'étais à 1 300 milles de chez moi et nous restions là 10 mois de l'année pendant plusieurs années. Il n'y avait aucun encouragement pour apprendre à lire et cela n'avait pas de sens pour moi. "Modèle de déficit"

(3) Dans la résidence des intermédiaires, je n'oublierai jamais l'abus que nous avons subi. Il y avait beaucoup d'exemples d'abus physique et sexuel dans l'école. Je n'oublierai jamais cinq mère aubergistes célibataires qui avaient plus de 55 ans. Elles étaient très méchantes. Je sais maintenant qu'elles n'avaient pas d'enfants à elles. Pas surprenant ! Pouvez-vous imaginer, lorsque nous allions prendre un bain. Tous les garçons devaient s'aligner près du mur, alors les mère aubergistes faisaient couler l'eau chaude jusqu'à ce que les baignoires soient remplies. Vous pouviez voir la vapeur chaude se dégager de la surface des baignoires. Chaque fois je devais courir avec mon ami jusqu'au coin et faire couler l'eau froide avec mes mains pour que les mères aubergistes ne nous entendent pas pendant que les autres garçons couraient dans tous les sens pour trouver ces baignoires. Et puis cet ami à moi et moi nous précipitions pour nous asseoir en sécurité. J'étais un des élèves qui criaient de douleur parce qu'ils ne pouvaient pas s'asseoir. Les mères aubergistes nous poussaient dans l'eau. Une fois je me suis fait brûler. Après cela, il a fallu que je fasse quelque chose. Plus tard elles nous ordonnaient de nous lever et nous lavaient le corps avec du savon en nous regardant tout nus – Si vous ne vous laviez pas bien, une des mère aubergistes vous lavait. Je n'oublierai jamais que nous étions trop jeunes pour comprendre ce mode d'activité sexuelle. En réalité, elles détruisaient nos sentiments. J'en ai beaucoup plus à dire, mais je ne peux pas parce que ça vous ferait lever le coeur. "Abus continus"

(4) Dans la résidence des seniors, quelques-uns de mes amis et moi étions impliqués dans des batailles avec certains des étudiants entendants qui nous taquinaient et nous traitaient de stupides. Il nous arrivait de les battre dans le sous-sol. Avant le diplôme, un des garçons entendants admit qu'il était un délinquant juvénile et que le juge lui a avait dit de choisir entre un centre de détention pour jeunes délinquants et l'école des Sourds de l'Ontario. Il avait choisit l'école des Sourds. Cela nous avait remplis de colère. Cela nous avait été caché. Cela nous a fait nous sentir que nous aussi nous étions des prisonniers ! Imaginez, se servir de notre école pour les Sourds comme d'une forme de punition. Si vous quittiez le campus, vous vous faisiez punir. C'était vraiment comme une prison. Certains étudiants sourds se sentaient mal à ce propos et vous pouvez imaginer comment cela affectait notre estime de soi. Un garçon entendant a mentionné qu'il avait appris sa bonne discipline de nous, pas de l'école. Où est notre discipline ? Cela a aussi créé un grand conflit entre les étudiants entendants et sourds. Le juge pensait-il que nous ne découvririons pas cela ? Nous sommes sourds, pas stupides. Je me sens encore aigri et blessé quand j'essaie de gérer mon passé. Je ne peux pas m'empêcher de blâmer le gouvernement pour la plus grande partie des dommages que cela a causé à la confiance des victimes d'abus comme moi, qui ont souffert à cause de la mauvaise éducation et des soins inférieurs aux normes. Il y a beaucoup d'adultes sourds qui sont passés par les mêmes difficultés que moi. Tout cela est dû aux mauvais traitements infligés par le gouvernement aux citoyens sourds. "Génocide culturel"

Crises de suicides, de drogues et d'alcool

Depuis lors nous nous sommes plaints de ce que les secrets de la bureaucratie nous avaient gardés à l'écart du public. À l'époque, j'avais appris la nouvelle qu'un adolescent sourd victime qui avait commis un suicide une semaine après l'enquête du gouvernement, en avril 1998.

Dans ma lettre précédente, de juin 1999, le directeur général de l'association des Sourds et moi-même avions eu une réunion confidentielle avec le coordonnateur de projet de la Méthode de règlement des réclamations du gouvernement pour discuter de la femme enquêteur. J'ai découvert qu'elle avait été réaffectée par le gouvernement au Ministère des Services sociaux et communautaires. Elle devint subitement embarrassée et dit qu'elle ne savait pas qui était cette femme enquêteur. Quelques minutes plus tard, elle admettait que l'enquêteur était au Ministère de la Santé.

Je ne peux pas croire que la femme enquêteur n'ait pas été accusée par la police, à cause de la bureaucratie gouvernementale. Après que la victime se fût tuée le représentant du gouvernement a rapidement changé de poste vers un autre ministère et fut transféré à nouveau dans un autre ministère ! Avec ça, j'avais le sentiment que (le système) était corrompu par le secret et l'injustice.

Plus tard, j'ai appris que le gouvernement avait embauché deux enquêteurs qui étaient très soigneux d'enquêter sur les victimes sourdes d'abus physique et sexuel, mais il était trop tard pour cette victime sourde. Je pense que la femme enquêteur et les représentants du gouvernement devraient être accusés de mauvaise conduite et d'incompétence, mais j'ai appris que le gouvernement a plus d'autorisation de pouvoir que la police pour résoudre cette question. Pouvez-vous imaginer cette situation ? J'espère que vous ne serez pas surpris.

Pendant l'atelier du réseau des victimes de l'éducation des Sourds de l'Ontario (Ontario Deaf Education Victims Network - ODEVN) auquel on avait été donné le mandat en Ontario pour un an en 2001, j'ai aussi trouvé qu'il y avait un plus grand nombre d'événements isolés de suicides, avec des problèmes de drogue, d'alcool, qui n'avaient aucuns moyens de se débrouiller dans la vie. Ils ne savaient pas la différence entre chercher de l'aide et garder le silence. Certaines personnes entendantes les possédaient comme leur propriété sexuelle comme des prisonniers, de sorte qu'ils ne puissent pas faire rapport à la police. Je leur ai suggéré d'aller demander de l'aide aux bureaux de la Société canadienne de l'ouïe et ils répondirent qu'ils ne comprennent pas et qu'ils ne font donc pas de rapports à eux. Et j'ai appris que certaines victimes n'obtenaient parfois pas d'aide professionnelle de plusieurs bureaux de la SCO. Jusqu'à maintenant je suis au courant d'environ cinq victimes adolescentes qui ont déjà commis le suicide. Mais je crois fortement qu'il y en a plus de trente qui ont commis un suicide en Ontario, plusieurs d'entre eux étaient des victimes isolées (sans connaissances de base), qui vivent dans le nord. J'avais rencontré mon vieil ami que je n'avais pas vu depuis cinq ans, qui était malade et sans abri. Et avec lui, je me suis porté volontaire pour prétendre que j'étais sans abri pour être témoin de plusieurs abris pour les sans-abri. J'ai rencontré environ trente Sourds sans abri avec de mauvais toxicomanes contrôlés par des pairs entendants avec des peurs. Ils ne pouvaient même pas me répondre à cause de leurs problèmes d'abus mental, mais deux d'entre eux n'étaient pas si mal. Plusieurs milliers de quêteux sourds furent forcés de gagner leur vie en vendant des cartes illégales et souvent la police les prenait, et les relâchait, même des milliers de fois.

Il y a un besoin évident d'aide professionnelle, particulièrement ceux avec de l'expérience en surdité, en culture des Sourds, en droit des Sourds et, le plus important, avec quelqu'un qui peut communiquer dans leur langue, l'American Sign Language – l'ASL ! La langue qui n'est pas reconnue et embrassée comme notre langue maternelle par le gouvernement et par tous les niveaux du gouvernement canadien !

Ce que je crois est nécessaire, c'est une enquête publique complète sur la situation présente des Sourds chômeurs et des Sourds sans abris au Canada.

Négligence criminelle

En 2001, un collègue et moi-même avons visité vingt collectivités, tenu des ateliers, et parlé avec de nombreux adultes sourds concernant les traumatismes qu'ils avaient subis dans les pensionnats. J'ai beaucoup de documentation concernant diverses formes d'abus et même de meurtres.

Depuis 1995 j'ai approché le gouvernement pour avoir de l'aide en de nombreuses occasions ; mais j'ai toujours été référé aux surintendants des écoles pour les Sourds. Il semble qu'ils peuvent être partie du problème puisqu'ils ne prennent pas ces allégations au sérieux, parce qu'il n'y a eu aucun rapport à la police. Dans le passé, il semble que certain d'entre eux peuvent avoir eu de faux rapports, qui n'étaient pas des accidents, mais réellement des meurtres. Me demander de traiter avec des surintendants semble être un conflit d'intérêt comme ces problèmes touchent leurs anciens collègues. Je comprends que deux témoins sourds ont envoyé des rapports au gouvernement concernant deux meurtres, mais le gouvernement ne fit rien et il n'y eut aucune réponse. Je crois fermement que plus de cinq personnes ont été victimes de meurtres (pas de mort accidentelle) à l'école pour les Sourds de Belleville entre 1950 et 1965. Cela ne surprend pas concernant l'intégrité et l'efficacité du gouvernement lorsqu'il semble y avoir si peu ou pas d'intérêt lorsqu'il s'agit de s'attaquer à ces questions criminelles. Depuis 1907, le gouvernement a expérimenté de nombreuses formes de langue des signes à enseigner dans les écoles (de l'anglais exact signé, à l'oral, à la communication totale, au bilinguisme/biculturel, et certains à l'American Sign Language). Il n'est pas surprenant que beaucoup d'étudiants sourds aient décroché ou qu'ils aient terminé le high school avec des compétences limitées en littératie et en communication parce qu'il n'y a eu aucune méthode d'enseignement conséquente ! Cela a également affecté la santé mentale de citoyens sourds, au point où beaucoup sont marginalisés et sur l'assistance sociale. Sûrement, c'est là une forme d'abus éducationnel. Cette situation, par certains côtés, est comparable aux Autochtones canadiens qui ont vécu la suppression de leur culture, de leur langue et de leur mode de vie.

Je suis sourd profond et j'ai affronté bien des défis dans ma vie. À l'âge de 40 ans, j'ai réalisé que mon éducation était bien loin au-dessous des standards des étudiants entendants et j'ai décidé de retourner à l'école pour un recyclage académique. L'expérience m'a aussi donné la confiance de m'instruire de questions juridiques, ainsi que de faire de l'intercession au sein de la collectivité sourde. Si on m'avait donné des occasions "normales" qui sont à la disposition des étudiants entendants, je pourrais avoir eu beaucoup plus de possibilités. Comme vous le savez, je suis encore bénévole comme directeur général du Réseau des victimes de l'éducation des Sourds en Ontario (ODEVN). Certains parents sourds et entendants et d'enfants sourds et des administrateurs m'ont approché et se sont plaints des écoles pour les Sourds et de conseils scolaires pour les Sourds. Il m'a été difficile d'accepter cette situation ennuyeuse. Exemple (1) : Un des parents était très perturbé du fait que les psychologue des enfants entendants de l'évaluation éducative ne sache même pas signer. Comment pouvait-il comprendre ses aptitudes et son comportement sans l'aide d'un interprète ? Et, si avec un interprète, comment pouvait-il comprendre un enfant sourd comme tierce partie, dans quoi il ne peut dire une différence. (2) Un autre parent était en colère parce que son adolescente avait un niveau d'éducation de deuxième année et que cela mettrait un fardeau sur eux après son diplôme. (3) Le gouvernement avait une mésentente avec le bureau d'administration, parce que le gouvernement prétendait que tout enfant/étudiant sourd n'avait pas la capacité d'être éduqué au niveau d'éducation des entendants et il y avait d'autres incidents supplémentaires en relation avec des problèmes d'éducation. Ces questions ne furent jamais résolues, même maintenant, en 2004. J'ai eu des rencontres avec divers représentants du gouvernement au cours des cinq dernières années, et la plupart ont choisi d'ignorer nos besoins. Nous demandons simplement au gouvernement de nous accorder un "comité consultatif communautaire" pour le nouvel organisme de la Commission des Services pour les Sourds de l'Ontario aux écoles pour les Sourds de l'Ontario et concernant des changements systémiques généraux fondamentaux au lieu de prendre une autre action en justice contre le gouvernement.

Allégation de crise en éducation

D'abord, au téléphone avec imprimante de messages, du 17 juin 1999, le gouvernement, un conseiller senior dit au coordonnateur de l'ADR de nous informer que c'est l'opinion du conseiller senior que l'abus en éducation est une question de politique, et qu'elle devrait être traitée par le gouvernement. Il pensait que, si nous avions des opinions bien arrêtées, ce qui est évident de par nos lettres récentes, qui nous devrions porter ces questions à la police, ou à l'avocat de la couronne local pour décision en matière criminelle.

Deuxièmement, dans la lettre du surintendant datée du 24 novembre 1999, il nous mentionne que nous ne discuterions pas des allégation d'abus éducationnels ou de toute autre question qui étaient présentement traitées par des organismes du gouvernement. En premier lieu, nous avons été d'accord et nous aurions offert d'avoir une rencontre avec nos pour discuter de la Commission de l'Ontario pour les Services offerts aux Sourds et de l'établissement du nouveau comité consultatif au lieu de contacter la police pendant la rencontre à son bureau de Belleville (Ontario), le 25 octobre 1999. Mais pendant les réunions du comité consultatif, la présidente entendante, avait souvent orienté la discussion surtout sur les améliorations sur les écoles pour les Sourds de l'Ontario plutôt que sur nos problèmes. Nous nous attendions également qu'un des intervenants sourds serait président(e), pas un entendant. Paradigme ?

Après ça, tout a échoué lorsque le surintendant/ représentant du gouvernement furent conscients de ce qu'il avait déplu aux intervenants sourds que le gouvernement se joue de nous et du comité consultatif en organisant seulement deux réunions en deux ans. Au moment où le nouveau directeur de la direction des écoles provinciales furent embauché par le gouvernement et nous ne pouvions pas imaginer pourquoi, comme il n'avait aucune expérience préalable du système d'éducation des sourds, de la culture des Sourds avant, et ne savait pas signer. Audisme ?

D'abord nous ne comprenions pas pourquoi le surintendant mentionnait qu'il appellerait son gouvernement pour nous accorder le nouveau comité consultatif automatiquement pendant la réunion d'urgence concernant la Commission de l'Ontario sur les Services pour les Sourds et créer le nouveau comité consultatif. Le surintendant était au courant des méthodes d'enseignement inférieures de l'éducation pour les Sourds en Ontario puis qu'il avait travaillé comme enseignant, principal et surintendant pendant trente ans ; il est maintenant à la retraite. Patronage ?

Troisièmement, nous avons reçu une lettre du cinquième surintendant /représentant du gouvernement qui mentionnait qu'il était très désolé d'avoir fait ce que lui et le gouvernement croyaient faire de mieux à l'époque. Nous avons aussi reçu récemment la pétition signée, entre autres, par plusieurs enfants sourds de l'une des écoles pour les Sourds de l'Ontario qui ne sont pas heureux du système d'éducation maintenant, et indique que nous avons une crise de l'éducation !

Quatrièmement, nous devons conclure que le gouvernement lui-même ne parle pas avec beaucoup d'intégrité. Le système éducatif abusif déjà laisse les vies des Sourds marquées des cicatrices des problèmes sociaux émotifs et de confiance en soi endommagée. Le problème d'abus mental éducationnel avait existé longtemps avant l'été de 1993, jusqu'à ce que l'American Sign Language soit finalement reconnue comme la langue des Sourds dans les écoles de l'Ontario. Mais qu'est-ce qui en advient onze ans plus tard ? Plusieurs adolescents sourds ont aussi perdu leurs propres vies avec une éducation limitée et quatre-vingt-cinq pour cent sont sans emploi et sous-employés. Les victimes culturellement sourdes n'ont jamais eu l'occasion d'être des étudiants modèles.

Finalement, nous devons insister que la collectivité des Sourdes croit fermement en ce que nous faisons si nous voulons maintenir un contrôle et nous devons nous tenir debout pour nos droits et exiger d'être entendus. La seule façon dont les survivants innocents peuvent atteindre quelque chose, c'est de sortir et d'aller le cherche. Tous les faits sur les cas criminels non résolus sont disponibles sur demande. Prise en charge ?

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