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Travaillons ensemble à bâtir un avenir commun
Première conférence canadienne sur la santé mentale et la surdité

Réconcilier les divers groupes et leurs besoins particuliers.

Présentation en Langue des signes du Québec (LSQ).

Je me présente : Roger St-Louis; président de l’Association ontarienne des sourds(es) francophones, le bureau chef se trouve à Sudbury Ontario.

Je suis devenu sourd profond à l’âge de sept ans par suite de méningite.

Je suis marié avec Murielle Richer qui est sourde profonde. Nous avons eu sept enfants.

Mes parents ont grandi avec un cousin sourd qui ne pouvait pas articuler et ont vite appris à marcher dans les souliers d’une personne sourde, ils ont compris mon besoin en me donnant des outils pour que je puisse me débrouiller au lieu d’essayer de guérir ma surdité.

Dès ma plus tendre enfance je me souviens bien d’avoir été gardé par des adultes sourd lorsque mes parents étaient demandés pour aller les dépanner et agir comme interprète ou facilitateur pour la communication, alors j’ai vécu ma plus tendre enfance entouré de gens sourds-malentendants, ce qui m’a permis de comprendre mieux comment devenir défenseur des droits des personnes sourdes et obtenir des programmes divers pour aider la population sourde franco ontarienne à combler leur besoins. Nous avons le droit d'avoir une langue, ce n'est pas un prérogatif, mais bien un droit fondamental qui devrait être accordé pour la survie de notre culture franco-ontarienne.

Les personnes sourdes d’origine francophones étaient envoyés aux écoles provinciales anglophones, furent assimilés et la majorité ont perdu leur culture franco ontarienne.

Puis, devenu adultes, ces personnes furent frustrés de ne pas pouvoir bénéficier et de ne pas pouvoir comprendre les conversations en français avec leurs parents et leurs proches qui étaient francophones et ne pouvaient pas participer pleinement aux activités familiales le temps des fêtes, alors la plupart des personnes sourdes se sont éloigné de leur familles pour se regrouper à la communauté Sourde et créer leur patrimoines.

L`éducation aux personnes sourdes de langue française en Ontario est un dossier qui a été mis à l`écart depuis trop longtemps. Dans le passé, les parents francophones d`enfants sourds devaient dépendre de la sagesse des enseignants du clergé, des fonctionnaires ou des médecins quant à la sélection d`un programme éducationnel pour leur enfants.

Avant 1970, on cite trois options populaires, soit un programme résidentiel de langue française au Québec ou un programme résidentiel de langue anglaise à Belleville ou à Milton ou bien soit garder les enfants à la maison. Puisque les écoles provinciales résidentielles pour étudiants sourds sont de langue anglaise, plusieurs sourds d`origine française sont devenus des étrangers dans leur propre famille.

Les services pour les enfant sourds d’origine franco ontarienne ont vu le jour au début des années 1990 avec l’ouverture de l’école provinciale en français, le Centre Jules Léger à Ottawa, qui était auparavant rattaché à l’école Sir James Whitney de Belleville anglophone et sous le parapluie de l’Université d’Ottawa comme établissement d’éducation pour enfants en difficultés d’apprentissage et par la suite devint une école provinciale ayant quatre programmes, donc Surdité, Surdi-cécité, cécité et difficulté d’apprentissage. Ce fut le début de programmes en LSQ, alors les enfants provenant de familles francophones peuvent maintenant bénéficier d’avoir enfin leur propre langue en LSQ-français.

Il n’existait pas de services d’interprètes LSQ en Ontario et ce n’est qu’au début des années 1990 que les services d’interprètes virent le jour au Collège Boréal sous le gouvernement du Nouveau Parti Démocratique et hélas ce programme fut AXÉ par le gouvernement conservateur, ainsi que les programmes francophones qui furent aussi mis sous la hache. Nous espérons que le présent gouvernement libéral remettra la pendule à l’heure avec la réouverture de programmes que nous avons tant besoins afin de nous permettre d’avoir un meilleur futur.

Pour obtenir ces changements éducationnels, ce fut l’Ontario Association of the Deaf (OAD) avec le thème Deaf Ontario Now, (DON) à la fin des années 1980 qui fit de la pression pour obtenir la Loi 4 qui permis l’introduction des programmes éducationnels en LSQ/ASL et par la suite l’Association Ontarienne des Sourd(e)s francophones fut mise sur pied pour les programmes français/LSQ.

Les services d’interprètes chevronnés en LSQ se font de plus en plus rares depuis la fermeture du seul et unique programme de formation d’interprète au Collège Boréal il y a quelques années. Nous sommes donc très vulnérable et des gros perdants face aux agences professionnelles qui sont bien reconnue et les fonds sont dirigé vers cette agence pour nous offrir des services, qui sont hélas, plus orientés sur le coté des anglophones, on nous dit d’aller voir cette agence pour obtenir des services ou faire appel a des fonds, alors encore une fois nous sommes les perdants si nous ne pouvons pas nous débrouiller en anglais.

La plupart du temps, on nous assigne des interprètes ASL, ou bien ils demandent si nous pouvons avoir des interprètes bénévoles, car ne voulant pas défrayer le coût pour les services d’interprètes qui résident dans une autre ville ou au Québec, car il leur faut défrayer les coûts de déplacements, hébergement et pour leurs services, nous sommes donc très frustrés de voir que les services d’interprètes chevronnés en LSQ ne nous sont pas accessibles du au manque de fonds. Les agences ne veulent pas défrayer les coûts pour les interprètes qui ne sont pas de la région.

En ce moment, nous souffrons de manque d’interprètes et les seules interprètes que nous avons sont surchargées de travail et risquent leur santé. Ceci est une injustice qui ne devrait pas avoir lieu et nous avons lutté pendant des années pour obtenir ce dont nous avons tant besoin pour devenir des citoyens à part entière et fiers de pouvoir participer comme des gens ordinaires et pouvoir dire le soleil brille sur nous, car nous étions dans l’ombre auparavant sans le soutiens d’interprètes. Ne pouvant pas se débrouiller, plusieurs personnes sourdes d’origine francophone ont été internées dans les asiles psychiatriques parce qu’elles ne pouvaient pas se faire comprendre. (la même chose s’est produit du coté anglophone) Sans interprètes on risque de voir le nombre de Sourds internés s’augmenter.

Dans une société où les fonds sont disponibles pour les personnes ayant un handicap visible, les fonds pour les handicapés Sourds qui ont un handicap invisible le sont très limités, les fonds ne sont pas toujours disponibles pour les associations Sourdes et surtout pour obtenir les services d’interprètes chevronnés en LSQ, nous pouvons les compter sur les doigts d’une main et trop souvent, l’on fait appel a des interprètes non qualifiés ou utilisant l’ASL pour agir comme interprètes, ou bien pouvoir établir une communication à moins que des interprètes chevronnés bénévoles se dévouent, il faut faire appel au secrétariat d’État du Canada pour revendiquer nos besoins, leur présenter le document de la Cour Suprème au BC qui stipule Eldridge Case. Les agences du gouvernement n’acceptent pas de défrayer les coûts reliés à moins d’intervention au secrétariat d’État ou a l’Eldridge Case.

Quand un nouveau directeur dans un ministère ou agence est nommé, il faut recommencer à le sensibiliser, l’informer et l’éduquer, c’est un processus perpétuel. Alors si on ne peut pas parler à voix, et les services d’interprètes ne sont pas disponibles, ce sont nous les perdants, car ayant un handicap invisible, il est difficile de se faire comprendre et trop souvent le Ministère n’accepte pas de verser les frais de services d’interprètes à moins d’être bien sensibilisé à nos besoins, nous aurons donc de l’aide, mais rare sont les personnes haut placées qui comprennent nos besoins. Il arrive aussi que les employés des agences ne sont pas au courant sur l’utilisation d’un ATS ou le SRB, ils placent des appels par voix en direct sans pouvoir nous parler, alors quand nous sommes équipés d’Identifieur d’appel, nous retournons l’appel avec l’aide du SRB pour établir une communication, et encore une fois les sensibiliser, les informer et les éduquer sur l’utilisation de communication avec un ATS ou au travers du SRB, toujours un processus perpétuel.

Pour obtenir des fonds, les agences du gouvernement nous envoient voir une agence qui est bien connue, et il est difficile d’avoir des fonds si l’on est pas reconnu, il y a souvent des conflits entre les groupes qui sollicitent de ces fonds afin de subvenir aux besoins de leur communauté. Alors, l’on nous dit d’aller voir une agence qui gère les programmes de services d’interprètes, et les services pour personnes sourdes-malentendantes et l’agence qui offre les services d’interprète dans une ville, refuse de défrayer les déplacements de l’interprète si la distance est plus de 50 kilomètres à parcourir.

Nous sommes toujours les derniers à bénéficier des programmes d’équité si les fonds ne sont pas disponibles pour les services d’interprètes dans telle ville. Ce sont les personnes entendantes qui obtiennent les prestigieux postes pour desservir les services d’interprètes et ils prennent avantage de notre surdité, car nous ne pouvons pas entendre les dialogues et nous recevons simplement un court abrégé de ce qui se passe.

La plupart des gens haut placés dans les agences gouvernementales indiquent qu’ils sont confortables avec les personnes qui sont atteint d’un handicap pourvu que la communication n’est pas affectée, alors les personnes ayant un handicap visible et qui peuvent articuler a voix ne sont pas affectées, une personne qui est aveugle et entendante peut bien communiquer par voix tandis que la communication avec une personne sourde ou malentendante est gênante et moins confortable, les personnes qui n’ont aucune idée de la communication en signes ou bien l’utilisation des services d’interprètes chevronnés ont besoins d’être informés, éduqués et sensibilisés.

Trop souvent les personnes ayant aucune connaissance de la surdité parlent trop fort en espérant que nous entendrons sa voix, nous tournent le dos et continuent à parler fort sans réaliser que la lecture des lèvres et l’expression faciale peut être utile pour aider la communication.

Ceci est d’autant plus important pour les Sourds et malentendants, surtout quand il y a des problèmes de santé mentale. Pourquoi? Parce que les personnes Sourdes ou malentendantes sont les derniers à bénéficier des programmes d’équité. Il n’y a pas de services de Psychologues, pas de services de Psychiatres, pas de services de professionnel de la santé mentale qui peuvent communiquer en langue des signes LSQ, les services sont là pour les personnes entendantes.

Le sous-titrage n’est pas assez complet en comparaison aux programmes de sous titrage offert pour les anglais, les services doivent être plus accessibles aux francophones sourds ainsi que les services d'interprètes en LSQ qui parlent l'anglais, le français et la LSQ afin que les sourds reçoivent de bons services en Ontario, sans être obligés d'engager un interprète de l'anglais au français en ce qui a trait aux besoins au niveau communautaire (médecin, dentiste, hôpital, etc. Trop souvent on nous offre un interprète ASL au lieu de LSQ, il n’y a pas assez d’interprètes en LSQ et les agences ne veulent pas défrayer les coûts de déplacements, citant c’est trop dispendieux et c’est bien nous les gros perdants, il faut porter plainte au Droit de la personne pour obtenir les services en LSQ.

Un Sourd fut envoyé à l'hôpital mental lorsque ses parents ont décédés, car les autres membre de sa famille ont voulu s’accaparer de ses biens et l’ont fait interner, il avait demeuré avec ses parents et avait investis son argent dans diverses choses, Moto Neige, appareil divers, TV & enregistreuse VHS, Caméra, caméra vidéo, appareils ménager et avait payé les frais d’entretient toute sa vie, alors pour saisir ses biens, ses propres membres de famille l’ont fait interner, car le pauvre ne pouvais pas parler et se défendre à voix, ne pouvait pas bien lire et écrire, alors sans interprètes pour le dépanner, il fut enfermé et les membre de sa famille se sont accaparé de tous ses biens et l’ont laissé sans le sous. Avec l’aide d’une personne Sourde et de l’aumônier de la province, cet homme fut libéré du Sanatorium et se retrouva sur la rue sans le sous et ne put rien faire pour ravoir ses biens. Si il y avait eu un endroit désigné pour aider aux personnes sourdes, cet homme aurait pu obtenir l’aide nécessaire pour obtenir ce qui lui était dû.

En ce moment, la loi pour les personnes handicapées et le Ministère des Affaires civiques et de l'Immigration en Ontario a fait du chemin et il en reste encore à faire. Il faut remettre sur pied la formation d’interprètes en LSQ en Ontario, car les interprètes en Ontario peuvent comprendre les deux langues le français et l’anglais et traduire simultanément en LSQ. Ceci va permettre d’obtenir que les droits des personnes Sourdes soit bien desservie avec services de Psychologues, Psychiatres et avoir services professionnels de la santé mentale tous niveaux ainsi que les services juridiques.

Pour ce qui est de population vieillissante chez les sourds et les personnes qui deviennent malentendantes en vieillissant. Est-ce que ce sont des populations où la fraude et le vol est plus facile auprès d'eux? Ils ont des besoins, mais ils ne sont pas toujours compris. Qu'est-ce qui doit être mis en place pour assurer davantage la sécurité et le bien-être de ces gens qui ont travaillé toute leur vie, et ne reçoivent qu’une maigre pension insuffisante pour bien vivre ou qui sont limités quant à des services qu'ils devraient pouvoir recevoir.

Ou sont donc les services d’interprètes pour leur aider ?

Le service le plus pressant pour les sourds d`origine francophone qui demeurent en Ontario est celui des interprètes LSQ. Il n`existe pas encore au Canada un programme adéquat pour former les interprètes LSQ; pourtant c`est le service qui allège le milieu de la surdité. Il faut encore dépendre sur les familles parents pour ce service qui est fondamental à notre pleine intégration. Pouvez-vous imaginer ne pas être capable communiquer avec les enseignants-enseignantes de vos enfants, les serveurs dans les restaurants, les vendeurs-vendeuses dans les magasins ou même votre médecin de famille ?. Pourtant c`est ce qui nous arrive chaque jour. Le plus grand geste à entreprendre sera d`établir des services d`interprétariat pour les sourds de l`Ontario qui sont d`origine francophone.

Le manque de service d’interprètes, le manque de sous titrage et preneur de notes, le manque d’aide pour service de la santé mentale et physique sont une des priorité que nous devons avoir immédiatement.

Les Sourds et les malentendants n’ont pas les mêmes besoins, car les Sourds optent pour la langue des signes, le sous titrage , preneur de notes et interprètes en LSQ, les malentendants ont un différent besoin, soit interprètes orale, sous titrage, preneur de notes et prothèse pour mieux entendre les sons.

L`ANALPHABÈTE - THE ILLITERATE

L`analphabète du passé était celui qui n`avait pas appris à lire ou à écrire; l`analphabète d`aujourd`hui est celui qui n`a pas appris à apprendre; mais l`analphabète de demain sera la personne qui n`aura pas appris à créer par lui-même.

La revue des échanges afides, avril, 1986.

L`enfant apprend à lire avant ses premières années à l`école, mais il lit pour apprendre le reste de sa vie.

Robert Orr.

Le problème de surdité semble avoir créé un obstacle pour l`enfant sourd; faute d`oppression de sa langue, il n`a pu surmonter les obstacles de l`analphabétisme; n`ayant aucun soutien pédagogique, il n`a pu s`enrichir et devenir autonome.

Roger St-Louis

Oeuvres Littéraires

Les enfants ont un droit; ils ont droit aux oeuvres littéraires; ils ont le droit d`être assistés et guidés dans l`apprentissage des lettres; l`habileté pour apprendre la langue parlée ou écrite dépend de nous, car les enfants seront les éducateurs de demain; alors que les conditions soient établies afin que la langue des signes s`épanouisse et devienne florissante. La responsabilité est nôtre, le futur est à eux, faisons que la langue des signes pour les personnes sourdes devienne une oeuvre littéraire.

Roger St-Louis

idée tirée de l`article anglais FAMILY LITERACY

Reading Begins at Birth de DAVID DOAKE

au début

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